Le voyageur magnifique – Yves Simon

Je suis retombée par hasard sur ce livre et ai relu quelques pages au hasard…Il me prend aux tripes, me renverse et comme à la première lecture je m’y perd et m’y retrouve. Je ne peux résister à en coucher là quelques extraits !

"C’est dans cette ville qu’ils habitent, qu’ils sont en train de vivre un commencement, celui des premiers mots échangés, d’une attirance vague, imprécise, et peut-être que de cet ensemble flou va naître une histoire où le ciel et la terre se rencontreront, la vie et l’imaginaire se mêleront, que ce sera une vie de tous les jours accrochée aux heures presque immobiles de l’Histoire qui ne ressemblera à aucune autre, puisqu’ils tenteront de la relier au temps où les dieux descendus s’étaient mélangés aux hommes, et avaient fini par leur ressembler"."

"cette multitude d’hésitations, d’émotions contradictoires, leur semblait à certains moments dérisoire et , face au flot de bruit et d’évènements qui les submergeait, ils auraient aimé trouver des parapets où appuyer leurs mains et leur histoire. Ils aimaient se sentir en équilibre, sur ce fil de rasoir(…) .Dégrisés du danger d’avoir à inventer chaque seconde la seconde suivante"

"C’est bien ça le mystère…Ce temps qui passe et qu’on dépense sans compter. On dilapide tant de nos secondes…Souvent je m’en veux de n’être pas vigilante avec lui (…). On reste accrochés à tant de choses qui nous envahissent et volent nos énergies."

"Je vous parle depuis tant de temps, et je meurs un peu plus chaque jour de ne pas vous revoir. (…)Je suis une façade, je respire, je parle, en pleine raison, folle d’un souvenir (…). Je vous nomme, j’écris votre nom, je vous pense, et vous êtes cette figure passante éloignée de moi à jamais. Je vis orpheline d’un temple, d’un visage qui signifiait l’autre moitié du monde, celle qui donne un visage à la beauté, sur les genoux de laquelle on s’assoit, pour laisser pénétrer du langage et des passions d’une vie radieuse, solaire, accrochée aux sources de la terre et à la légèreté de l’air, une vie de femme, douloureuse et lumineuse, le regard posé sur l’infini et sur sa propre misère…D’une éblouissante mélancolie".

Publicités
Cet article a été publié dans petites phrases.... Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s